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APPEL A LA LUTTE CITOYENNE CONTRE LA CORRUPTION
Ivoiriennes, Ivoiriens, chers compatriotes, habitants de la Côte-d’Ivoire,

Voici quelques expressions qui nous sont familières : faire le couloir, fais nous fait, mouiller la barbe, graisser la patte, parler fran-çais, cause, tu manges je mange, être dans le contexte,le travaillement etc. Elles véhiculent toutes une seule et unique notion : LA CORRUPTION.
En effet, est-ce normal que ceux qui composent à l’occasion d’un concours échouent tandis que ceux qui ne se sont pas soumis aux épreuves soient admis parce qu’ils ont un soutien influent ou qu’ils ont payé les organisateurs en espèces ou en nature? Qu’en est-il du mérite et de la compétence ? Est-ce normal qu’on ne puisse pas être adjudicataire d’un marché sans avoir payé de pots de vin ? Est-ce normal qu’à l’issue de l’exécution d’un marché, on ne puisse être payé qu’après avoir consenti à reverser un certain pourcentage du prix au payeur ? Est-ce normal que de façon ostentatoire les forces de l’ordre exigent leur « ça suffit » aux automobilistes ? Est-ce normal que certaines décisions de justice ne soient que de simples transactions au mépris de l’application du droit ? Est-ce normal qu’on laisse mourir un malade dans un hôpital parce qu’il n’a pas d’argent ou qu’il n’a pas de personnalité influente pour intervenir en sa faveur ? Est-ce normal que les matières premières, notamment le café et le cacao soient payés en dessous du prix fixé par les autorités compétentes ? Est-ce normal qu’on exige d’une femme son corps avant qu’elle ne bénéficie des droits qui lui sont reconnus par la loi ? Est-ce normal, est-ce normal, est-ce normal ? Nous pourrions à l’infini égrener ces forfaits
Notre pays est corrompu parce que nous le sommes. Peut être même que l’air que nous respirons l’est aussi. Selon TRANSPARENCY INTERNATIONAL, une ONG internationale de lutte contre la corruption, la Côte- d’Ivoire est 151eme sur 163 pays classés par ordre de mérite au plan de la probité. Pendant que le PNUD ,dans son rapport annuel 2006 sur le développement humain largement influencé par la corruption, situe notre pays au 164eme rang sur 177 . En somme, nous sommes derniers. Quelle honte ! Tous ces constats ne sont-ils pas révoltants ? Si nous ne faisons rien, la guerre dont nous sommes en train de sortir péniblement et qui a certainement exacerbé toutes ces pratiques néfastes, n’est rien à côté de celle que nous préparons par nos actes répréhensibles, nos comportements ou notre silence à la fois coupable et complice. Il faut réagir et agir.
Nous avons donc créé le 12 mai 2007 « COTE D’IVOIRE CONTRE LA CORRUPTION », une ONG nationale de lutte contre la corruption. Nous sommes magistrats, avocats, experts comptables, experts financiers, économistes, fiscalistes, médecins, pharmaciens, enseignants d’universités, diplomates, journalistes, cadres supérieurs et moyens de l’administration publique et du secteur privé, étudiants, hommes de Dieu…c’est-à-dire tous ceux qui se sentent interpellés par cette situation.
Nous sommes surtout des ivoiriens qui souffrons pour notre pays, pour son image et celle de ses habitants. Cette ONG est physiquement représentée dans votre quartier, votre village, sur votre lieu de travail par des comités de base comprenant chacun 15 à 30 personnes. 10 comités de base constituent une section. A Abidjan plus de trois sections forment une coordination. A l’intérieur du pays, la coordination regroupe toutes les sections du département. Ce sont des points de ralliement et de résistance à la corruption. Ce sont les premières brigades de lutte. La corruption prospère parce que les victimes n’ont pas de recours. Elles sont seules, abandonnées à elles mêmes. Désormais votre recours c’est la chaîne de solidarité que tisse CI CONTRE LA CORRUPTION. Rejoignez ces comités de base, ces sections, ces coordinations. Vous aurez d’autres informations concernant la lutte. Si ces brigades n’existent pas encore dans votre milieu de vie, créez- les ! De toutes les façons, vous rencontrerez au hasard de vos évolutions quotidiennes des personnes qui vous informeront. Nous sommes nombreux .Vous n’êtes plus seuls. Sachez-le.
MERCI.
Le President
Paul AGODIO
Articles
Listes des Audiences Accordees
- L'Eglise Baptiste Oeuvre Et Mission
- La Direction Des Renseignements Generaux
- La Direction De La Chambre Des Metiers
- La Chambre De Commerce And D'Insdustrie
- La Confederation Generale Des Entreprises De Cote D'Ivoire
- L'Ambassade De L'Inde
- L'Ambassade Des Etats Unis D'Amerique
- L'Ambassade De L'Allemangne
- M. le Mediateur De La Republique
- L'Association Generale Des Eleves Etudiants De Cote D'Ivoire (AGEECI)
- Etat Major Des Armees De Cote D'Ivoire
- La Coordination Des Gares routieres de Cote D'Ivoire
Interview Donnee a Soir Info
Soir Info :
M. Le Président du Comité de Privatisation, dans une correspondance qu’on peut qualifier de prophétique vous aviez attiré le 16 octobre 2001 l’attention du Président de la République « votre grand frère » sur les dysfonctionnements de l’administration. La corruption que cela entraîne et les scandales probables auxquels il fallait s’attendre ? Correspondance que nous avons publiée dans notre édition du samedi 16 septembre dernier. On peut dire que vos prévisions se sont réalisées ?M. Le Président du Comité de Privatisation:
Oui malheureusement mes prévisions se sont réalisées, mais je n’en tire aucune satisfaction personnelle...Lire Plus
Phylosophie de la Lutte
1 - Indépendance
2 - Partenariat avec le pouvoir politique : trois raisons :
- • La corruption date de longtemps et le pouvoir en place ne peut en être le seul comptable.
- • L’indexation du pouvoir pourrait entraîner des affrontements qui nous éloigneraient de la lutte contre la corruption.
- • C’est le pouvoir qui va mettre en œuvre la réforme de l’Administration.
3 - Professionnalisme
« Nous devons lutter pour que ce nuage opaque de la corruption… qui plane sur la Côte d’Ivoire et nous colle à la peau se dissipe. Dans les négociations avec les bailleurs de fonds on est mal à l’aise. Car on sent qu’entre eux et nous il y a de la méfiance, de la suspicion. On a l’impression qu’il y a des non-dits dans certains propos désobligeants. Nous devons faire en sorte qu’on nous respecte en améliorant l’image que nous projetons de nous- mêmes. C’est pourquoi les fonds de la décentralisation ne doivent pas donner l’occasion à des personnes mal intentionnées de se livrer à la gabegie et aux malversations à grande échelle… Nous devons lutter pour notre dignité, pour notre honneur. En tout cas si ce combat a besoin d’un visage, je suis prêt à lui prêter le mien. » (Paul AGODIO, Fraternite Matin, 3 Septembre 2001)

