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COTE D'IVOIRE CONTRE LA CORRUPTION
Organisation Des Commisions
7. Malgré cela et très certainement à cause de cela, j’accuse principalement l’ordre ancien, le système dans lequel nous évoluons. Il anéantit tout le monde en général et en particulier ceux dont la « phosphorescence » de la matière grise peut être avantageusement exploitée au profit de la communauté. En dévalant tel le magma qui s’échappe d’un volcan en éruption, sur son passage, il neutralise les intellectuels et inhibe leur capacité de réflexion mise au service de l’intérêt général.
Même les programmes de gouvernement les plus élaborés n’y résistent pas. Quels que soient la bonne volonté de leurs auteurs et les objectifs d’intérêt général évident que ceux-ci se fixent, ces derniers se retrouvent comme entraînés par un vent irrésistible dans le décor lors de leur mise en oeuvre. Ce décor s’appelle l’intérêt particulier, c’est-à-dire chacun pour soi et pour les siens, dans un contexte où aucune règle de droit ne l’emporte sur la volonté du plus fort. Cela se peut parce que de ce système est née une société clone qui elle-même a façonné les mentalités des individus dans ce sens. D’un autre côté l’administration n’a rien prévu pour contraindre les exécuteurs des programmes à respecter les objectifs d’intérêt général ou de développement qu’ils se sont fixés. Chacun est libre et évolue tranquillement dans un registre qui lui est propre. Au total, Tout se fait par rapport à soi.
J’accuse l’ordre ancien et son « succédané », ce système qui réussit d’autant mieux son œuvre négative que personne n’en a conscience. Tout le monde trouve cette situation naturelle, normale. Nul ne s’arrête pour réfléchir à une alternative. On est lancé à grande vitesse dans une sorte de fuite en avant. Or nous savons par hypothèse, que la destination de l’ordre ancien n’est pas le développement économique et social de nos pays. Son administration qui était sa rampe de lancement et qui est la nôtre à présent est demeurée dans la logique coloniale avec la logistique appropriée. C’est pourquoi nous excellons dans l’exportation des matières premières et que depuis plus de quarante ans nous n’atteignons même pas le seuil de la médiocrité dans le reste.
8. A CICC, si nous voulons le développement de la Côte d’Ivoire, il nous faut militer pour la disparition de l’ordre ancien, qui a façonné nos mentalités, au profit d’un ordre nouveau. Dans ce cadre, nous inventerons ensemble des mécanismes qui contraignent tout le monde à respecter les principes qui oeuvrent en faveur de cet avènement, sinon toutes nos affirmations ne seront que des slogans sans emprise sur la réalité. L’audit est né aux USA pour lutter contre la gabegie financière, les détournements de fonds et la corruption bref, la mauvaise gestion. En Côte d’Ivoire peut naître une méthode de gouvernance ou de gestion capable de vaincre le mal- développement dont souffrent notre pays et l’Afrique toute entière. Il suffit qu’on se déchire, qu’on se révolte. Qu’on en prenne véritablement conscience et qu’on y réfléchisse froidement. Je suis convaincu que nous le pouvons. J’en ai les idées très claires. C’est notre capacité à créer ces mécanismes concrets, à les mettre en œuvre de façon pratique et à évaluer leurs résultats qui nous différenciera des autres. N’est-ce pas vrai que dire sans rien faire et ne rien dire et ne rien faire sont également vains ?
9. Camarade, au-delà de la lutte contre la corruption, c’est dans ce combat que je t’engage. Lutter contre la corruption, c’est lutter contre l’ordre ancien dont les pratiques ont généré le mal- développement. C’est lutter contre cette société sui generis qui n’est ni africaine ni occidentale. C’est un monstre que plus personne ne maîtrise et qui nous conduits inexorablement vers l’enlisement si ce n’est l’aggravation du sous-développement...Page Suivante

