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PROJET DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Introduction

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...Il s’agit bien pour les Siciliens de se défendre face à un Etat qui impose une fiscalité beaucoup plus lourde que celle de « l’ancien régime bourbonien, alors que les investissements décidés par le gouvernement installé à Florence puis à Rome vont en priorité au Piémont et à la Lombardie. » La Sicile ne se développant donc pas, elle se replie sur elle-même. A partir de cet instant sur un même territoire vivent deux Etats. L’Etat légal connu et celui de l’ombre lui aussi connu même s’il n’est pas reconnu. C’est l’Etat Mafieux qui a ses circuits, ses règles, qui prélève ses impôts, qui a ses multiples chefs et qui empêche le développement. C’est le cercle vicieux du sous-développement qui sécrète la corruption et de la corruption qui entretient le sous-développement. L’exemple de la Sicile sous-développée dans une Italie développée est inquiétant. Nous devons faire en sorte que la Côte d’Ivoire ne s’enferme pas dans ce cercle, surtout que comme au temps de la naissance de cette société du crime organisé en Italie, certaines conditions semblent être remplies pour que la MAFIA recrute ses adeptes sans effort. Voici ce qu’écrit Philippe CONRAD dans l’article LA MAFIA–Sicilienne ( www.clio.fr / Bibliothèque) à ce propos :
« Délinquance, brigandage et banditisme organisé se développent rapidement à partir de 1860. Les anciens partisans de Garibaldi refusent de revenir à la vie civile, quant ils constatent que la victoire de l’insurrection ne change rien à leur sort. Quand le nouveau royaume d’Italie veut imposer le service militaire à partir de 1861, de nombreux insoumis prennent le maquis et c’est dans ces marges sociales que la MAFIA naissante peut recruter ses hommes de main. » Ceci ne ressemble-t-il pas étrangement à cela même s’il n’y a pas véritablement eu victoire de la rébellion en Côte d’Ivoire ? Faisons attention.

La corruption est un cancer qui ronge toutes les sociétés. Elle n’épargne aucun Etat aujourd’hui. Les signataires de l’appel de Paris du 19 Juin 2003 qui dénoncent « ses effets dévastateurs et son corollaire d’impunité » ne s’y trompent pas. Les Nations Unies aussi s’en préoccupent. Tout le monde a encore en mémoire les problèmes de la Russie du Président Boris ELTSINE et sa famille avec le FMI. Dans la lutte qui lui est livrée certains réussissent mieux que d’autres. Comment font-ils ? Selon nous en Côte d’Ivoire, la lutte contre la corruption doit être globale, dans la mesure où cette pratique couvre toute la société. Elle ne peut être réduite à la lutte contre le racket des forces de l’ordre sinon elle restera inefficace. En effet les Forces de l’Ordre voyant les profits qu’en tirent les autres corps de métiers résistent et résisteront toujours. Car elles ne sont pas d’ailleurs, d’une autre planète, elles sont bien immergées dans la population ivoirienne. Elles sont ivoiriennes et ne peuvent par conséquent être différentes.

Au total, réduire la corruption, lutter contre la fraude, le non-respect de la loi et des règlements, le sous-développement, la pauvreté et la misère sont l’objet du projet qui est ici proposé. C’est un projet à la fois cadre et spécifique. Il est cadre en ce sens qu’en son sein gisent plusieurs idées de projets à ressortir et à concevoir pour lutter contre tel domaine spécifique de la corruption en utilisant les méthodes d’IEC déjà éprouvées ou d’autres tenant aux réformes administratives précises indiquées. Par exemple il peut s’agir spécifiquement d’un projet de lutte contre la corruption dans le milieu judiciaire. Ou bien de la lutte contre la corruption à l’occasion des concours d’entrée dans les écoles de formation telles que les écoles de police et de gendarmerie etc. Il est un projet spécifique car dans sa présentation actuelle, il peut être exécuté en tant que projet, et il le sera, en effleurant certains des thèmes auxquels il fait allusion tandis que d’autres retiendront plus longuement l’attention des animateurs désignés. Ce sera selon leur inclinaison personnelle ou selon leur compétence, ou tout simplement selon l’orientation arrêtée par la direction des programmes de l’ONG appuyée par son Bureau Exécutif.
L’ONG qui va mettre ce projet en œuvre n’a pas la prétention, de mener cette lutte toute seule. Elle le conçoit comme un instrument donné aux victimes de la corruption et de ses dérivés pour se défendre. Il s’agit d’une lutte populaire. C’est une lutte de tous les ivoiriens. Il n’y a ni FPI, ni PDCI, ni RDR, ni UDPCI, ni UDCI, ni PIT, ni MFA, etc. Il n’y a pas non plus de musulmans, de chrétiens, de nordistes, de sudistes et d’étrangers etc. La philosophie profonde qui le sous-tend est qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Les animateurs de ce projet n’ont pas le don d’ubiquité pour être partout à la fois. Ils mettent donc à la disposition des victimes des mécanismes pour réagir, pour ne plus qu’elles se sentent seules, abandonnées, intimidées, écrasées, vaincues...Page Suivante

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