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INTEGRALITE DE L'INTERVIEW PARUE DANS SOIR INFO LES 17 ET 18 FEVRIER 2007

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M. Le President du Comite de Privatisation :

...Il y a eu une troisième réunion. A la fin de cette dernière, mon secrétariat était plein. Plus des ¾ du personnel du cabinet sont venus me dire chacun à son tour DIRCAB, moi je n’ai rien à faire et cela depuis plusieurs années. Vous vous imaginez ? Il y a donc aussi un problème de répartition des tâches et de redéploiement du personnel. Voici quelques exemples de réformes : moi paysan ivoirien je me rends à la sous-préfecture pour me faire établir une copie de mon acte de naissance. Je dois savoir que je n’ai que le timbre à payer. Je dois aussi savoir à l’avance dans quel délai on me la livrera. Donc passé ce délai je suis en droit de me plaindre car souvent faire languir les usagers est une invitation à payer quelque chose qui n’est pas exigé. D’autre part moi investisseur il faut que je sois sûr qu’en cas de contentieux le droit sera dit parce qu’il existe des mécanismes pour contraindre le juge à le faire. Moi banquier il faut que je sois sûr que les sûretés que je prends à l’occasion de mes concours bancaires seront réalisées en cas de nécessité compte tenu des mécanismes qui me le garantissent. Moi fournisseur, il faut que je sois sûr qu’on ne me contraindra pas à la surfacturation ou bien on ne me prélèvera rien sur ce qu’on doit me payer etc.

Je sais que tout cela me vaudra des inimitiés ou même des ennuis mais c’est une autre forme de patriotisme. Je me souviens que je déclarais dans Frat-Mat du lundi 03 septembre 2001 et je cite « nous devons lutter pour que ce nuage opaque de la corruption… qui plane sur la Côte d’Ivoire et nous colle à la peau se dissipe. Dans les négociations avec les bailleurs de fonds on est mal à l’aise. Car on sens qu’entre eux et nous il y a de la méfiance, de la suspicion. On a l’impression qu’il y a des non-dits dans certains propos désobligeants. Nous devons faire en sorte qu’on nous respecte en améliorant l’image que nous projetons de nous- mêmes. C’est pourquoi les fonds de la décentralisation ne doivent pas donner l’occasion à des personnes mal intentionnées de se livrer à la gabegie et aux malversations à grande échelle… Nous devons lutter pour notre dignité, pour notre honneur. En tout cas si ce combat a besoin d’un visage, je suis prêt à lui prêter le mien. » Fin de citation. Je crois que ce moment est arrivé.

Soir Info :

Pour parler d’actualité, à votre avis qui est responsable du scandale des déchets toxique ?

M. Le Président du Comité de Privatisation :

La réponse est toute trouvée. En dehors des individus coupables qu’on va identifier et qu’il faut punir, il y a l’Administration à laquelle il faut trouver une solution puisqu’on ne peut la punir.
Il faut au moins faire en sorte qu’elle ne recommence plus. Qu’on prévoit sa réforme effective dans le train de mesures à venir. Voyez vous on va se préoccuper des conséquences et la cause demeurera. La guerre a été possible en Côte d’Ivoire parce que l’Administration a permis aux armes d’arriver à Abidjan. Les policiers ont fait cette descente musclée, disproportionnée et meurtrière à l’Université parce qu’ils n’ont pas confiance au verdict de l’Administration. Ils se sont donc fait justice. Les déchets toxiques ont été déversés en Côte d’ivoire parce que l’Administration a laissé faire. Au total ce qui est étonnant, c’est que personne ne s’occupe de la chose la plus importante dans la vie de la Côte d’Ivoire en matière de développement. Si le FPI gagne les élections son partenaire sera l’Administration.

Ce sera la même chose quelque soit le parti. Tous les programmes de gouvernement sont échafaudés en prévoyant la réforme de l’administration. Mais au moment de leur application personne ne s’en préoccupe. Le PDCI a fait 40 ans au pouvoir. Sur ce point le PDCI et le RDR se confondent. Le FPI a fait 2 ans au pouvoir avant la guerre. Que tous sachent qu’aucun programme de gouvernement quels que soient sa pertinence et les milliards dont il dispose pour son financement ne réussira sans une vraie réforme de l’administration car en l’état actuel des choses elle est l’adversaire de tous. Certains de ses animateurs travaillent pour leur propre compte parce qu’ils veulent « manger » comme ils disent tout le monde cherche « un coin juteux ». Il faut vaincre la corruption pour que triomphe le développement. La corruption c’est la facilité, le parasitisme, la vie chère, les arrangements en tout genre, l’amplification de la pauvreté, l’approfondissement du sous-développement. Le développement c’est le travail, l’effort, le mérite, la compétence, l’état de droit, le bien-être.

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