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INTEGRALITE DE L'INTERVIEW PARUE DANS SOIR INFO LES 17 ET 18 FEVRIER 2007
Soir Info :
M. Le Président du Comité de Privatisation, dans une correspondance qu’on peut qualifier de prophétique vous aviez attiré le 16 octobre 2001 l’attention du Président de la République « votre grand frère » sur les dysfonctionnements de l’administration. La corruption que cela entraîne et les scandales probables auxquels il fallait s’attendre ? Correspondance que nous avons publiée dans notre édition du samedi 16 septembre dernier. On peut dire que vos prévisions se sont réalisées ?
M. Le Président du Comité de Privatisation :
Oui malheureusement mes prévisions se sont réalisées, mais je n’en tire aucune satisfaction personnelle. Je suis plutôt triste pour mon pays et pour son peuple. L’image de la Côte d’Ivoire s’est complètement dégradée à l’extérieur. Au nom de l’argent, l’ivoirien serait prêt à tout. Comme c’est dommage !!! En dehors de cette lettre j’avais aussi donné en 2001 plusieurs interviewes chez l’un de vos confrères pour insister sur cette situation. Malheureusement ma voix ne porte pas. Dieu viendra un jour à notre secours.
Soir Info :
Dieu vous a entendu avec la création d’un ministère chargé de la bonne gouvernance. N’est-ce pas ?
M. Le Président du Comité de Privatisation :
Oui très certainement. Je salue son titulaire qui est une amie et une collègue et je la félicite pour sa promotion. Je lui souhaite beaucoup de chance et de réussite. Au niveau de la Société Civile nous avons nous aussi une action à mener.
Soir Info :
Laquelle ?
M. Le Président du Comité de Privatisation :
La société civile doit s’impliquer résolument dans la lutte contre la corruption. Pour cela j’ai écrit un projet de lutte contre la corruption qui est prêt depuis 2005. Je l’avais écrit du temps où j’étais Conseiller Spécial Chargé du redressement économique du Premier Ministre Seydou DIARRA. Mais pour le mettre en œuvre nous attendons la période la plus indiquée. C’est-à-dire quand la circulation sur tout le territoire national sera libre. Car de par sa conception il faut qu’il couvre tout le territoire de la Côte d’Ivoire. Si on ne devait l’exécuter qu’en zone sous contrôle gouvernemental, ses objectifs pourraient ne pas être atteints. C’est une ONG qui le mettra en œuvre. Ses projets de statuts sont prêts comme le projet lui-même. Mais l’assemblée constitutive n’a pas encore eu lieu. Pour l’instant cette ONG recrute parmi les professionnels du droit, c'est-à-dire magistrats, avocats et enseignants de droit du supérieur. Il y a aussi des économistes, des experts-comptables, des journalistes, des médecins, des pharmaciens et même des officiers de police. Les autres corps de métier et tout le monde en général sont les bienvenus. Pour l’instant les choses sont faites de bouche à oreille. J’ai déjà distribué une cinquantaine d’exemplaires du projet. Je me demande s’il ne faut pas précipiter les choses s’agissant de sa mise en œuvre devant l’émotion créée par l’affaire des déchets toxiques car tout le monde se sent un peu perdu.
Soir Info :
N’est ce pas là, une structure de plus pour lutter contre la corruption ?
M. Le Président du Comité de Privatisation :
Je ne le crois pas. En Côte d’Ivoire je ne connais pas de structure qui affronte la corruption de façon globale. Je connais Transparency Justice qui agit dans le milieu judiciaire et les Forces de défense et de sécurité qui luttent contre le racket des corps habillés dont la publicité à la télévision est tournée en dérision. Aujourd’hui les corps habillés demandent aux usagers leurs « ça suffit ». Donne-moi mon « ça suffit » disent-ils. Notre lutte, elle est globale. Il n’y a d’ailleurs que comme ça qu’elle peut être efficace. Il est impossible de neutraliser les actes des corps habillés si dans le même temps les autres corps de métier sévissent impunément....Page Suivante
